C’est parti pour un tour !

   Tout au long du mois de septembre et d’octobre, Rémi est resté sur Grenoble afin de bosser pour développer un site web, et cela lui a permis de se préparer tranquillement pour le voyage. Arthur a fait un peu de vendanges et quelques petits boulots chez sa famille. Je tiens à remercier d´ailleurs tous mes sponsors, Tata Anne-Marie, big up à Papi, Florence la meilleure marraine (encore désolé pour les trous dans ton mur…), et évidemment papa et maman sans qui rien de tout cela n´aurait été possible.
   Rémi, n´en pouvant plus de la lenteur légendaire d´Arthur, a décidé de partir en ce début de semaine (3 novembre 2014) par une journée ensoleillée à Grenoble mais qui s´est vite détériorée après avoir traversé la frontière iséroise. Arthur l´a rejoint le vendredi 7 novembre une fois avoir détruit un bout de mur chez sa marraine en essayant d’installer une étagère. Destruction non intentionnelle je précise.
  Nous sommes donc tous les deux partis avec quelques jours d’intervalle en direction de Leipzig, ville que nous avions déjà sublimé de notre présence par le passé. En effet nous y avons de bons amis qui vivent à 20 dans une énorme maison qu’ils ont retapée, et portent un projet de vie en collectivité (« Hausprojekt » dans la langue locale). Au programme : bière pas bien chère, gâteaux végétaliens, soirées improbables, travail de la terre, ragondins trop trop mignons, immersion dans la culture germanique… On vous en reparlera dans un prochain épisode.

    Le voyage de Remi

        Le week-end précédent le départ fut chargé. Toute la semaine a été occupée par les derniers préparatifs. Vendredi soir et samedi soir, on a fait la fête histoire de marquer le coup. Mes parents et ceux d’Arthur font un peu plus connaissance. Le lundi matin je rejoins ma mère et mon père en ville après avoir préparé mon sac, ma foi plutôt lourd. Je fais quelques courses pour la route, je vois une dernière fois mes parents, je prends une photo avec eux mon sac sur le dos. Ils sont plutôt souriants, je crois qu’ils comprennent. 
        Il est déjà midi passé quand je commence le stop à Porte de France, le fameux point de départ de Grenoble, direction Leipzig en Allemagne. C’est loin d’être la première fois que je fais ce trajet en stop. Cette fois j’ai décidé de ne pas faire de panneau, pour me prouver une fois de plus que Grenoble est vraiment the ville du stop. 5 minutes après, une femme me prend, il y a un bébé à l’arrière. Je lui dis qu’elle est la première conductrice de mon tour du monde, plutôt cool, je lui file l’adresse de notre blog. Après, les voitures s’enchaînent, comme d’hab petite galère à l’Isle-d’Abeau en essayant de trouver une voiture pour Bourg-en-Bresse, je finis par monter dans une voiture qui va à Paris, je m’arrête à Beaune. Petit casse-croûte puis c’est reparti. Je trouve une voiture avec une représentante d’une marque de cosmétique, en la voyant je n’aurais pas pensé qu’elle me prendrait, comme quoi il faut toujours tenter. Elle m’emmène jusqu’à Mulhouse, 18h et quelques, il fait déjà nuit, c’est le problème de l’hiver. Je trouve une dernière voiture qui me fait passer la frontière jusqu’à Karlsruhe. Pas de chance cette station n’est pas très fréquentée, dommage je voulais continuer à faire du stop le plus tard possible. J’attends jusqu’à minuit et des brouettes. Tant pis je vais planter ma tente. Je commence à la monter assez près de la station, par flemme d’aller plus loin, et la police débarque, youpi ! Finalement ils voulaient juste voir mes papiers pour vérifier que je ne suis pas un migrant, ou une personne recherchée. Avis à tous les migrants soit-disant « illégaux », plantez votre tente un peu plus loin de la station. Le lendemain matin les voitures s’enchaînent assez bien jusqu’à être déposé dans une fameuse Autohof, les stations essence en Allemagne qui ne sont pas directement sur l’autoroute. Beaucoup de trafic local, je jongle entre la station essence et le McDo, demandant à tous les gens que je vois, j’assiste au spectacle étrange d’un bus entier de soldats américains qui vient manger au McDo. Apparemment il y a une base militaire américaine pas loin. Après deux heures infructueuses, je finis par trouver quelqu’un qui va dans ma direction, qui veut bien me prendre, avec qui je parcours la moitié de la distance me séparant de Leipzig à environ 200km/h. En fait il ne pouvait pas aller plus vite parce qu’il avait des pneus hiver, c’est con. Déposé sur une aire de repos, je trouve un dernier conducteur, sympathique business man écolo en fauteuil roulant, avec qui je discute beaucoup et qui m’emmène jusqu’à Leipzig. J’arrive à Leipzig, je trouve mon chemin, prends un bus, un tramway, puis arrive enfin à « la maison de Leipzig », où je retrouve mes amis allemands, je me sens comme à la maison. 

    Le périple d´Arthur

        Pour mon départ, papa et maman sont venus avec moi et m´ont amené jusqu´à « Porte de France », l´endroit où se mettre pour stopper direction Lyon et Marseille. J´ai ajouté à mes deux sacs la housse d´ukulélé que la maman de Rémi m´a refilé avant de partir, remplie de choses utiles et d´autres moins. J´ai aussi pris ma poule en chocolat « parce que tu n´étais pas avec nous pour chercher les œufs de Pâques cette année ». Comme d´habitude, l´attente pour sortir de Grenoble n´a pas pris plus de 5 minutes. « Vous êtes la première voiture qui me prend pour mon tour du monde » plutôt hyper cool à dire… Me voici donc à la station essence juste avant le péage, et je trouve rapidement un chef d´entreprise pour la station essence un peu avant Lyon.
        Les choses sérieuses commencent ! J´attends une heure et demie sans grand résultat. Je commence à croire que personne ne veut aller dans la direction de Bourg-en-Bresse, bizarre ça… Heureusement, la carte Michelin des stations essences de France va me tirer d´affaire : je vais rejoindre le prochain péage, et de là je vais marcher 3-4km pour une station essence sur l´autoroute que je veux prendre. La nuit est tombée, et je n´ai que peu de chance de me faire prendre sur cette petite départementale peu éclairée. C´est là qu´après avoir marché dix minutes je vois une voiture sortir d´un petit lotissement et je lui fais signe : jackpot, c´est une roumaine qui me dépose à côté de la station !! I´m back in the game !
        J´arrive tranquillement à Mulhouse, il est un peu avant minuit. J´envoie mes derniers sms gratuits et j´attends. A 00:20, je demande à un sympathique polonais avec un beau et grand 4×4 vide s´il va en direction de Karlsruhe. Il me dit que oui. Je lui demande s´il va à Nürnberg. Il me dit que oui. Exité, je lui demande s´il ne passerait pas par Leipzig par hasard ?! Il me répond que oui !! Par contre, quand je demande si je peux monter avec lui, il me dit que ce n´est pas possible… Ne sachant pas trop si c´est une blague, je me permets d´insister gentiment. Mais non, y´a pas moyen et je me retrouve donc à attendre encore. A 00:45, c´est un groupe improbable de 3 jeunes Belfortains qui vont passer une soirée à « Karlstrou » qui me prennent (Karlstrou, c´est la prononciation berlfortaine de Karlsruhe). Je passe donc une heure et demie en compagnie d´une compilation de Jul avec de superbes titres comme « Sors le cross volé », « J´oublie tout », « Briganter » ou en featuring avec Kenzah Farah sur le titre « Problèmes », à faire semblant de boire de la vodka-red bull. Maman ne t´inquiète pas, le chauffeur ne buvait pas. Je me souviens de ce qu´on a convenu, si le chauffeur roule n´importe comment, je fais semblant d´avoir envie de vomir pour sortir de la voiture.
   Je passe donc ma première nuit avec mon nouveau duvet sur la station essence juste avant Karlstrou, réveil prévu a 7h. Alors là pour des raisons jusque là encore inexpliquées le réveil n´était effectif qu´à partir de 10h… La route jusqu’à Leipzig se déroule sans encombre grâce à 5 voitures roulant minimum à 130km/h (vive l´Allemagne et ses non limitations de vitesse).
   Il est 17h, je retrouve l´excellente ambiance de la maison de Leipzig et je me sens déjà comme chez moi ! Et oui, moi je dis tout pareil comme Rémi parce que j’ai pas d’imagination. En fait j´ai écrit ce texte avant Rémi donc c´est lui qui m´a copié.
   Voilà pour notre premier article. Rendez-vous au prochain épisode. From Germany with Love

4 réponses à “C’est parti pour un tour !

  1. C’est avec beaucoup d’émotions que j’écris LE PREMIER COMMENTAIRE de votre blog les gars !

    Je viens d’apprendre il y a quelques jours que tu lâchais enfin la grappe à tes parents cher Arthur, et j’imagine la joie qu’ils ont du éprouver de te voir quitter le cocon familial pour de bon.
    J’espère et je vous souhaite de rencontrer en chemin des personnes farfelues et inoubliables, des communautés de hippies-junkies-funkies-groovies qui ne jurent que par la permaculture et le véganisme, des paysages à vous faire verser une petite larmouille, de gouter à des nourritures infectes mais qu’il faudra manger pour pas vexer vos hôtes, des mélanges d’alcools en tout genre (+des maux de crâne), de ne plus avoir de place sur vos passeports tellement vous aller avoir de tampons de visas, d’avoir des des petites frayeurs en voiture (ça c’est pour rassurer Agnès), des douleurs de dos à cause du poids de votre sac, des ampoules aux pieds à force de trop marcher (accompagnées d’une odeur sympathique, mais bon, ça tu l’avais déjà Arthur), plus assez d’espace dans votre gorge parce que vous aller être plus que polyglotte (aaaah elle commence à dire des trucs limites limites là), et aller soyons poètes : je vous souhaite de ne plus seulement courir après elle, mais plutôt de la rattraper, cette satané LIBERTÉ !

    Des bisous
    Ta cousine préférée

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