Zigzag dans les Balkans (1/2)

Nous avons décidé de passer deux semaines seulement dans les Balkans avant de rejoindre rapidement Istanbul pour deux raisons. Tout d’abord parce qu’il fait froid, et que le froid est à l’auto-stoppeur ce que la Team Rocket est à Pikachu : l’hiver ça se passe en tongs sous les cocotiers de Noël. La deuxième est que Rémi doit commencer début décembre un projet obscur dont nous vous parlerons plus tard (plus d’info sur http://love.hitchwiki.net).

Départ de Leipzig le 13 novembre 2014. Il est 11h quand on commence à faire du stop. Les voitures s’enchaînent rapidement. On passe par Prague et notre conducteur en profite pour passer par la ville. Nous apercevons le chouette centre-ville de Prague, plutôt cool. Quelques voitures de plus et nous voilà en Hongrie après avoir passé un tout petit bout de Slovaquie. Il est environ 22h quand la dernière voiture de la journée nous pose à une station essence près de Budapest. Après avoir tenté de continuer encore une ou deux heures, nous allons poser notre tente pas loin.
Dès le lendemain nous commençons à prendre l’habitude d’un rythme soutenu, réveil à 11h, petit déj d’une heure et demi. Même à l’armée ils font pas ça. Nous adorons l’hiver, en effet, nos matinées chargées nous font commencer le stop entre midi et quatorze heures, ce qui nous laisse environ trois heures de soleil avant de se geler les pouces. Nous voilà donc sur la route de la Croatie. Les voitures s’enchaînent plutôt bien jusqu’à arriver à la frontière. La nuit tombe, et personne ne s’arrête. Nous décidons de marcher jusqu’à la prochaine ville. Ça y est on peut enfin manger notre premier Bürek, met typique des Balkans qui deviendra notre régime alimentaire quotidien.
C’est là que les choses se compliquent. Alors qu’il fait nuit depuis un bon moment, notre premiers conducteur conducteur croate, Igor, nous invite à faire une petite visite culturel du bar local. Igor est un sacré personnage et cet unijambiste en costume nous offre quelques bières, mais bientôt son état d’ébriété avancé lui empêchera de nous emmener plus loin. C’est donc ça copine qui  nous remet sur la route ! Nos pouces sont à peine tendus, que nous tombons encore une fois dans le fameux guet-apens croate en répondant à l’invitation d’un autre local à rentrer dans la bar à quelques mètres à peine.

Rémi et Arthur aiment à s’abreuver de toutes les cultures locales. Et voici donc nos premiers verres de raki servis. C’est quelques bières plus tard que nous sortirons la tête haute pour aller planter notre tente un peu plus loin, avec pour seul soutien notre détermination et deux bouteilles pour la route.
Les deux heures de petit déjeuner passées, nous rejoignons un énorme péage vide qui servira d’amphithéâtre à Arthur. La nuit commence à tomber, mais un sauveur nous met sur la voie de la Bosnie-Herzégovine, et un autre nous mène jusqu’à la frontière. Nous franchissons à pied le pont traversant la Sava, fleuve frontière entre la Croatie et la Bosnie, l’atmosphère est palpable : le brouillard créé par l’humidité se transforme en vagues blanches au passage de chaque camion. Plusieurs groupes de jeunes Bosniaques vêtus de leurs plus beaux atours traversent le pont pour passer le samedi soir en Croatie. La tente sera posée dans une sorte de marécage n’ayant rien à envier à ceux du Mordor.
Les choses se compliqueront encore plus à partir de maintenant, mais pas à cause des bars posés sur notre route. L’auto-stoppeur, surtout quand il prend la forme de deux hommes barbus, serait selon les dires des locaux, quelqu’un en qui on ne peut avoir confiance, voire quelqu’un de dangereux. Peut-être à cause des récents conflits des Balkans qui continuent d’affecter les esprits. De plus, nous sommes en hiver, en dehors de la saison touristique et nous sommes donc « suspects ». C’est en tout cas notre théorie, faute de mieux.

Deux lascars ne parlant pas un mot d’anglais nous demandent de chanter la Marseillaise puis nous déposent de nuit à un embranchement d’autoroute… Un rapide repérage des lieux nous fait dire que c’est vraiment un endroit pourri. Au moment de rejoindre un endroit plus approprié, Haris s’arrête en plein milieu de l’embranchement et nous dépose au centre de Sarajevo après nous avoir invité pour un rapide café internet chez lui ! Nous cachons nos gros sacs dans des buissons afin de pouvoir transporter plus de bière pour visiter la ville de nuit. Ensuite, n’ayant pas d’hébergement, nous sautons dans le premier tram qui passe et sortons au hasard pour se trouver nez à nez face à des bâtiments abandonnés que nous utiliserons comme hôtel de luxe. Enfin, comme hôtel de fortune.

Après Sarajevo, c’est Mostar et son magnifique pont, symbole des Balkans, que nous voulons rejoindre. Le bon côté de l’hiver, c’est que nous sommes les seuls touristes dans une ville normalement bondée pendant l’été. Une fois arrivé, nos pas nous guide sur une plate forme au bord de l’eau, où nous établissons notre campement.
L’intense pluie et la crainte de la montée des eaux nous fait quitter le campement (en précipitation. D’environ 150mm). Sortie de Mostar, trois heures d’attente, nous capitulons et décidons de marcher les 11 kilomètres qui nous séparent de l’embranchement, laissant la route touristique sur notre droite. Jusque là, la journée était un peu moisie. Il fallut une fois de plus attendre LE conducteur cool de la région, cette fois-ci sous la forme d’une vieille Volvo américaine. A l’intérieur, papou fan de France et de sa voiture, et fifille future avocate. Cette Volvo n’était pas une voiture, c’était un refuge, zigzaguant parmi le ciel étoilé au rythme des conversations chaleureuses.

Il fait nuit et nous restons bloqués à 40 kilomètres de la frontière avec le Monténégro sur le «Official Hitchhiking Spot » jusqu’au lendemain fin d’après-midi. Mais la forteresse de Kotor nous ouvre ses portes en début de soirée, révélant d’étroites rues et des escaliers étriqués, comme autant de passages libérés des habituels touristes estivaux. Nous repérons une maison abandonnée, que dis-je, un manoir de trois étages, terrasse, piscine, palmiers et oranger. Que ne fût pas notre surprise de voir l’intérieur de notre délicieuse demeure sans aucun plancher entre les étages, impossible de se poser sous les poutres qui menacent de nous tomber sur la margoulette. En revanche, la véranda est dans un état impeccable et offre un tancarville improvisé à nos affaires détrempées des deux nuits précédentes.

Enfin un petit déjeuner en T-shirt, sur notre terrasse ensoleillée qui nous offre une vue panoramix sur la montagne et la baie, promesse d’une incroyable journée de stop. Résultat, 100 kilomètres de galère et d’attente pour finalement nous retrouver encore bloqués, à 35 kilomètres de la frontière albanaise.

Le lendemain ne s’annonce guère mieux, il fait nuit et nous avons fait 30 kilomètres. Mais comme toujours dans le stop, il y a un sauveur : celui-là se présente à nous comme Jacques Chirac, un maçon albanais qui nous fait traverser la frontière puis nous invite chez lui, raki maison, yaourt de chèvre maison, potager géant, noisettes du jardin… La première partie de voyage dans les Balkans à la dure se termine donc avec lui. Neuf jours de tente s’achèvent, une unique douche dans la rivière glacée de Mostar, et nous apprécions donc notre premier repas dans une maison. Mais bon, on puait pas parce qu’il faisait froid alors zéro transpi sous les aisselles.

2 réponses à “Zigzag dans les Balkans (1/2)

  1. bonjour,

    j’avais suivi ton/votre depart via l’allemagne, le veritable point de depart et de liaison avec la Turquie, la route normal de migration en fait pour vous, « les emigres de la planette » (mon clavier d’ordinateur est toujours en Thai, excusez pour l’abscence d’accent).
    J’ai resigne un contrat pour un an, ce qui signifie que je serai encore Malgache en 2015 si vous derivez jusque la

    pour ma part je prepare mon sac pour partir mardi a Antananarivo et de la dans la ville du Cape pour 20 jours de decouverte du Fynbos et du Karoo en passant par les vignobles comme il se doit
    bises, bonne fete de fin d’annee et bon loukoum a la rose, mes preferes

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