Israël, Palestine 2/3 – Encore des murs ?

Voici le deuxième article sur nos réflexions à propos d’Israël. Si vous n’avez pas lu le premier c’est par ici.

« Je me suis fait casser la fenêtre de ma voiture par un gamin qui m’a jeté une pierre. » nous dit une femme qui a voulu s’arrêter pour prendre un jeune Palestinien en stop.

Avant d’arriver, nous avions quelques problèmes pour comprendre vraiment ce qu’est la Palestine. Les territoires palestiniens sont composés de la Cisjordanie (West Bank in English) et de la bande de Gaza.

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La Cisjordanie, la plus grande partie de ces territoires, est plus ou moins occupée par l’Israël qui ne reconnaît pas l’existence de la Palestine. Il y existe trois zones, A, B, et C. On a beau lire dix fois à quoi correspond chaque zone puis oublier, la différence devient très nette une fois sur place. Les zones A sont contrôlées par les Palestiniens, et les Israéliens n’ont pas le droit d’y aller, même si des soldats s’y rendent lors de raids ou d’opérations. Dans les zones B les Palestiniens sont en charge des affaires civiles et la sécurité est partagée entre les Israéliens et les Palestiniens. L’armée Israélienne y est omniprésente. En zone C, entièrement contrôlée par Israël, de nombreuses colonies se sont installées depuis 1967. Une colonie est en fait un petit village créé de toute pièce et entouré de barbelés avec un check-point à l’entrée, habité par des Israéliens souvent très sionistes. Une technique du gouvernement pour coloniser le territoire qui rend de plus en plus difficile une résolution du conflit. Les colons qui vont s’installer en Palestine considèrent que c’est leur droit de vivre ici en Terre Promise, et ce malgré le climat de terreur que les extrémistes peuvent leur inciter. Ils profitent par ailleurs des subventions du gouvernement pour les inciter aux joies de la colonie en famille.

L’autre partie de la Palestine, la bande de Gaza, est une petite région dans le sud-ouest de l’Israël. D’abord occupée militairement par ce dernier jusqu’à sa partielle gestion par l’Autorité Palestinienne en 1994 décidée par les Accords d’Oslo, la bande de Gaza s’auto-gère pleinement depuis la rétractation des colonies en 2005. Avec l’arrivée au pouvoir du Hamas en 2007 et le blocus israélo-égyptien, les rapports se sont fortement dégradés et de grands affrontements ont eu lieu. Entre blocus, état de guerre et attaques armées, le peuple de la bande de Gaza subit de graves crises humanitaires et sanitaires. De plus le Hamas a mis en place un régime très islamique où il existe très peu de libertés et dans lequel on apprend aux plus jeunes à être prêt à mourir en martyr dans des attentats suicides contre Israël.

Avec les récents affrontements, Israël a décidé de se protéger des attaques, comme les jets de pierre dont nous parle cette femme, et s’est rapidement équipé avec tout un arsenal de dispositifs anti-terroristes. La bande de Gaza a été complètement entourée par un mur empêchant les contacts avec le monde extérieur, d’où les tunnels de trafic qui se sont créés au fil des années. Les villes en zone A sont pareillement isolées avec assez peu de considération pour les enfants qui reviennent le soir de l’école et trouvent en face de leur maison un mur de 12 mètres de haut. Les routes à risques sont longées par un mur anti jet de pierre et les Israéliens n’y vont pas avec le dos de la main morte quand il s’agit de grillage et de barbelés. Un peu partout en Palestine, des check-points viennent fleurir les prairies.

« Pouvez-vous ouvrir vos sacs ? » nous demande un soldat armé à l’entrée de chaque lieu public.

A l’entrée de tous les centres commerciaux, universités et autres, les voitures doivent ouvrir leur coffre, nos sacs sont ouverts régulièrement pour une vérification plutôt superficielle et nous traversons tout le temps des portiques beep beep.

« On est obligé d’avoir un mur pour se protéger des terroristes. » Toutes les mesures de protection et de contrôle de la population sont justifiées par la lutte anti-terroriste. Et ça marche ! Les attaques subies par les Israéliens ont largement diminué tandis que les gens sont de plus en plus convaincus que ce sont des mesures inévitables. Pourtant ces techniques qui sont efficaces, peut-être même nécessaires, ne sont qu’une solution à court terme. Comment espérer que les Palestiniens vont se calmer alors qu’ils se sentent parqués comme des animaux ? Le gouvernement croit-il vraiment qu’il œuvre pour la paix quand il entrave la liberté de mouvement des Palestiniens ?

Lors d’une discussion avec un ami, nous nous sommes posés la question du terrorisme. Si le terrorisme est la création et l’emploi de la terreur, il est normal de se demander qui créé la peur. Pour les civils Palestiniens, c’est très largement le Tsahal, l’armée israélienne considérée comme légitime. Car en effet Israël est venu s’imposer de force là où les Palestiniens vivaient et ne se prive pas de tuer des civils pour leur cause. Alors que pour les Israéliens, ce sont les organisations internationalement déclarées comme « terroristes ». Alors est-il possible de parler de groupes terroristes et d’armée légitime ?

Les moteurs de la terreur dans ce conflit et les groupes qui les alimentent sont très présents des deux côtés. En Palestine par exemple nous voyons sur des affiches de propagande des photos de jeunes soldats avec leur plus belle mitrailleuse.

« De temps en temps y’a une vache qui explose dans le plateau du Golan. » nous dit un pote autour d’une bière. Ou deux. Je me souviens plus très bien.

Alors que la Jordanie et l’Égypte ont signé un traité de paix, l’Israël est toujours en guerre avec deux pays frontaliers, le Liban et la Syrie. Les frontières avec ces deux pays sont complètement fermées et opaques. Le plateau du Golan, une zone dans le Nord toujours disputée avec la Syrie et témoin de différents affrontements, est parsemé de mines bien pratiques pour empêcher les Syriens de passer. Et de temps en temps une toute gentille vache, totalement perdue dans ce conflit, se fait exploser le ciboulot alors qu’elle broutait tranquillement son herbe.

« L’été dernier on voyait souvent des missiles au dessus de la ferme. » nous disent nos amis bergers à Nes Harim.

Quand on voyage en Israël il est facile d’oublier que c’est un pays en guerre et même s’il arrive qu’il ne se passe pas grand-chose pendant de longues périodes, un climat de tension est présent dans la tête des Israéliens et de nombreux détails nous rappellent quotidiennement la situation. On voit des avions de chasse qui passent les uns après les autres au-dessus de la plage, on voit des militaires faire des courses avec leur fusil d’assaut, on voit des voitures blindées tous les jours, on voit des gens avec un flingue qui sort de la ceinture et des bunkers dans les immeubles. Il n’est pas rare d’entendre parler de « l’été dernier » quand des missiles volaient tout le temps. Nous avons aussi été témoins d’une simulation de guerre, un jour durant lesquelles des sirènes sonnent à travers le pays, prévenant d’une attaque combinée d’à peu près tous leurs ennemis.

Dans la même lignée que les protections anti-terroristes, Israël est reconnue pour son « Dôme de Fer » (Iron Dome), installation ingénieuse qui intercepte les missiles extérieurs si ceux-ci menacent de tomber en zone peuplée, et qui a un très bon taux d’interception (pour un coût en accord avec l’efficacité).

Israël est en fait une île entourée de terres, position pas facile à tenir en ces temps.

« Qu’est-ce-que c’est que ça ? Tu fêtes tes 18 ans et on te met un flingue dans la main. C’est comme ça que tu commences ta vie d’adulte. » nous dit une jeune conductrice qui, elle, pour une fois, est déjà allée en Palestine.

Premier jour en Israël, on voit un militaire avec un énorme fusil dans une librairie à la recherche d’un livre pour sa petite sœur. Et puis on n’arrête pas d’en voir partout, et puis on s’y habitue un peu. Israël est un petit pays, mais avec un service militaire de trois ans (selon le grade, l’unité ou autre, c’est deux ans ou bien des fois cinq), presque tous les citoyens, même les femmes, sont des soldats potentiels. Les gens que nous rencontrons nous disent qu’ils sont pilotes d’avion de chasse, qu’ils apprenaient aux recrues à conduire un tank, ou encore servaient dans un sous-marin. Régulièrement, les anciens du service militaire doivent revenir pour une petite période. Un bon moyen de faire rentrer dans la tête de jeunes ados de 18 ans le message du gouvernement. L’argument utilisé ? « On a besoin que tout le monde soit un soldat vu notre position ». Bien que le service militaire ne soit pas aussi dur que l’armée professionnelle, une fois fini, les jeunes Israéliens s’en vont envahir l’Inde et l’Amérique du Sud pour décompresser.

Le service militaire est très efficace pour contrôler les esprits des jeunes israéliens. Il n’est qu’un moyen parmi tant d’autres qui font que de nombreux Israéliens ne sont au courant que de la moitié de ce qui se passe, remettent rarement en question la légitimité de l’Israël et ne réalisent pas à quel point Israël impose son pouvoir et sa volonté sur le peuple palestinien.

Israël a besoin d’une armée, c’est indéniable pour l’instant. Mais a-t-elle vraiment besoin que toute sa population soit des soldats ? Que se passerait-il si la moitié d’entre eux faisaient un service civique œuvrant pour la résolution de conflit ?

« Ce sont des soldats solitaires. » nous dit un barman désignant une table.

Comme les Juifs sont présents un peu partout dans le monde et certains se sentent très proches d’Israël, des jeunes non Israéliens viennent aussi faire le service militaire sous la pression sociale, répondant à des obligations familiales par exemple. Ce sont les « lonely soldiers » (soldats solitaires), souvent Américains, qui font leur service en Israël mais qui n’ont pas de famille sur place avec qui passer leur permissions. La loi du retour, un des principes de l’État d’Israël, garantit à tout Juif le droit d’immigrer et donc d’obtenir la nationalité israélienne. Un melting-pot de cultures et d’opinions se rencontrent donc partout dans le pays, de même qu’une certaine tolérance.

« Non mais je m’en fous moi, je préfère leur donner pleins de terres et qu’on fasse la paix. » nous dit un jeune.

Les Sionistes ne seraient sûrement pas d’accord et pas du tout prêts à lâcher la Terre Promise. Cependant une très large partie de la population préférerait que le conflit soit résolu et faire deux pays complètement indépendants. C’est d’ailleurs la solution la plus soutenue au niveau international plutôt que l’intégration de la Palestine à Israël qui ne semble plus une option possible depuis longtemps.

Et bientôt, la troisième et dernière partie qui va vous transcender, vous émerveiller, si vous arrivez à la lire en entier.

Amour à la pelle,

Nous.

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Israël, Palestine 1/3 – Terre Promise ?

Israël est un pays complexe qui nous a fait nous poser de nombreuses questions. Nous avons décidé de séparer cet article en trois parties, car il y a trop de choses dont nous voulons parler et qui nous semblent indispensables pour comprendre le pays. Nous écrirons plus tard un article sur notre passage en Israël, où nous avons adoré voyager. Vous pouvez aussi voir nos photos dans la galerie.

« Ne vous inquiétez pas c’est la procédure. » nous dit la fille de l’immigration.

Nous débarquons à Haïfa dans le Nord de l’Israël. Après deux heures d’un interrogatoire durant lequel on nous demande ce que nous venons faire en Israël, pourquoi nous venons en bateau, qui nous connaissons en Israël et leur adresse, combien de temps nous allons rester, où nous allons après, mais aussi comment nous finançons notre voyage, etc … vient la fouille des sacs, suivie d’une deuxième personne qui vient poser les mêmes questions, et finalement nous avons notre tampon, sur papier séparé comme voulu. On le comprend, Israël ne rigole pas avec ses frontières et la peur du terrorisme les poussent à faire ces recherches en profondeur sur les voyageurs entrant le pays. D’autant plus que nous sommes deux petits Français arrivant par bateau avec une histoire de voyage peu orthodoxe, on ne rentre pas dans leurs cases et ils trouvent ça louche. On était prévenu, Israël est un pays assez spécial. A nous de le découvrir !

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« Qu’est ce que vous pensez de ce miracle ? » nous demande un orthodoxe à l’allure cool.

«Quel miracle? » répondons nous. «Mais, ÇA!! » – en nous montrant le paysage – « Israël! ». Oh oui l’Israël, je vois. Pour comprendre ce pays nous avions besoin d’une petite remise à niveau historique.

Depuis la fin du XIXe siècle, les Juifs d’Europe subissent la montée de l’antisémitisme avec son apogée lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Les Juifs alors éparpillés dans le monde désirent créer un État Juif en retournant sur la Terre Promise décrite dans la Bible. Le Sionisme est la philosophie et le mouvement politique qui soutient l’existence d’un état pour le peuple juif en terre d’Israël, mais sur laquelle la Palestine s’était installée entre temps. Depuis le début du XXe siècle la communauté juive achète petit à petit des terres en Palestine. Après la Deuxième Guerre Mondiale la création d’Israël est rendue possible grâce au gouvernement britannique qui remet son mandat sur la Palestine aux Nations Unis.

En 1948, Israël fait sa déclaration d’indépendance qui entraîne une guerre avec les états arabes environnants. Les Israéliens gagnent cette guerre et de nombreux Palestiniens sont contraints à l’exil. Dans un grand mouvement d’humanisme et de compassion, ce qui sera plus tard Israël est venu s’imposer de force là où des gens vivaient depuis des générations et le savait très bien. Ben Gurion, alors premier ministre israélien, dit en 1938: “Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. ” (Adressé au comité politique Mapai (7 June 1938) cité dans Flapan, Simha, Zionism and the Palestinians)

Durant vingt ans le peuple israélien ne cesse de croître et l’aide économique de la diaspora permet à Israël de se développer rapidement. Cependant les tensions avec les pays arabes voisins ne disparaissent pas, ceux-ci continuent de voir d’un mauvaise œil la présence des Juifs dans la région, et des attentats meurtriers ont lieu à l’intérieur du pays. Le 5 juin 1967 les pays arabes voisins, l’Égypte, la Jordanie et la Syrie attaquent simultanément Israël durant la « guerre des Six Jours ». L’armée israélienne, le Tsahal, riposte et écrase l’offensive arabe. Au terme des six jours, la guerre se termine et Israël, en plus de se défendre, a conquis la péninsule du Sinaï, Jérusalem-Est, la Bande de Gaza et le plateau du Golan, prouvant par la même occasion au monde sa supériorité face aux armées arabes.

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En 1979 un traité de paix est signé avec l’Égypte, et en 1982 Israël se retire du Sinaï.

En 1982, Israël envahit le Liban dans le but de faire cesser les attaque de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), 17000 Arabes contre 670 soldats israéliens meurent. Pour certains, Israël a agit contrairement aux lois internationales et les Nations Unis ont considéré le massacre de Sabra et Shatila comme un génocide. Lors de ce massacre, les phalanges, un parti libanais de droite chrétienne, attaquent des camps de réfugiés et déciment de nombreux Palestiniens sous les yeux de l‘immobile armée israélienne.

Puis en 1987 la première intifada (soulèvement en arabe) éclate et s’étalera sur 6 ans en opposant des militaires sur-armés à des manifestants jetant des pierres. 1162 Palestiniens contre 160 Israéliens meurent.

Durant les années qui suivent différent traités assurant plus d’autonomie au peuple palestinien, notamment Gaza et certaines villes de Cisjordanie qui deviennent indépendantes, mais les tensions avec les Palestiniens restent très vives et Israël continue de se protéger. En 2000 une seconde intifada éclate, entraînant à nouveau la mort 4400 Palestiniens et 1000 Israéliens et c’est durant ces conflits qu’Israël entame la construction d’un mur de séparation entre Israël et la Palestine.

Jusqu’aujourd’hui différentes guerres et opérations militaires se succèdent opposant Israël aux groupes armés palestiniens, comme le Hamas qui a en 2006 pris le contrôle de Gaza lors d’une élection législative palestinienne. Des civils palestiniens sont tués à chaque fois pendant qu’Israël améliore la défense de son territoire assurant une baisse drastique du nombre de civils israéliens tués.

Pour les Sionistes comme notre orthodoxe, tout ce qui s’est passé est un miracle, Israël s’est imposé et le peuple juif a conquit la Terre Promise. Tout est rentré dans l’ordre !

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Pendant tout ce temps, les premiers Juifs immigrants ont fait pleins de petits marmots, qui eux sont nés Israéliens, avec un passeport israélien et pas forcément celui de leur ancêtres. Alors bien que le conflit se soit enlisé, on ne peut pas les renvoyer ‘chez-eux’, il faut trouver une autre solution.

Sur la route, on passe devant de nombreux de bâtiments et parcs « généreusement offert par… »

Comment Israël a-t-il pu résister si longtemps et si efficacement alors que ce n’était qu’un état en construction ? En fait, Israël reçoit des sous qui viennent de partout : les Juifs autour du monde ont compté dans leurs rangs de très riches familles, beaucoup dans les places importantes de la société. De ce fait Israël a très largement bénéficié de l’aide économique de la diaspora. Les États-Unis sont le partenaire économique numéro un d’Israël et offre une grosse aide financière au pays.

Entre-temps le pays s’est modernisé rapidement et est maintenant à la pointe dans des domaines comme l’agriculture ou l’armement lui offrant une longueur d’avance au niveau des moyens sur ses voisins arabes.

« Êtes vous juifs? » nous demandent deux conducteurs sur trois.

« Euh non. » Une des questions que l’on nous a le plus posée. « Oh donc vous êtes Chrétiens? » Non toujours pas. Au début, nous ne comprenions pas très bien car certaines personnes nous disaient être juives mais n’étaient pas religieuses, ou n’avaient pas la foi. Ce n’est qu’après plusieurs semaines que nous avons eu le déclic. Pour faire court, être juif c’est se faire circoncire quand on a huit jours et avoir une maman juive et on ne peut pas vraiment y échapper. On ne perd pas son judaïsme comme on peut perdre sa chrétienté, et l’on peut être juif (appartenir au peuple juif) et à la fois être athée.

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C’est bien sûr aussi une religion, mais c’est surtout une culture, avec pleins de rites et de règles que les gens suivent plus ou moins à la lettre. Le Sabbat, notre équivalent du dimanche, est un jour où l’on n’a pas le droit d’utiliser de boutons, ce qui inclut l’usage du téléphone, de l’ascenseur ou de la gazinière. On n’est aussi plus autorisé à se déplacer loin de chez soi.

Toutes ces règles amènent avec elles leur lot de choses étranges et de contournements. Par exemple, tout autour des villages, on voit une sorte de fil aérien à 4m de hauteur, comme un poteau électrique, mais qui sert juste à délimiter le village : en jour de Sabbat, on n’est pas censé le dépasser car on ne doit pas passer de la sphère privée (village ou quartier) à la sphère publique (le reste du monde). Hum. Il y a aussi le compteur électrique pour allumer automatiquement les appareils dans la maison sans avoir à toucher de boutons, ou bien l’ascenseur qui s’arrête à tous les étages pour la même raison.

L’État d’Israël est un état juif et qui respecte donc la loi juive du Talmud.

A suivre bientôt, le prochain zépisode.

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Brève – On a perdu notre Fil Topote…

On a perdu notre pote….

Fil Topo nous a quitté en Jordanie. Pendant plus de 6 mois nous l’avions trimballé, à gauche, à droite, lui promettant de l’emmener voir les éléphants en Afrique. C’est un brillant échec, vu que nous l’avons perdu juste avant qu’il puisse toucher le continent africain. Il était avec nous lors de notre randonnée dans la vallée de Dana (où nous avons jeté un dernier regard sur notre femme notre fils et notre domaine), et puis soudain il avait disparu.

Enlevé ? Peut-être sa crise d’adolescence lui a fait faire une bêtise ? Ou peut-être a-t-il tout simplement confondu les éléphants avec les dromadaires jordaniens ?

Nous pensons fort à lui et nous lançons bien sûr un avis de recherche, merci de nous contacter.

Adieu notre pote, l’esprit de notre groupe de voyage.

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Naufragés à Chypre

Après avoir partagé nos impressions sur Chypre, nous voulions quand même faire un plus court article sur ce que nous avons vu et fait.

Deux mois et demi alors que nous comptions rester deux ou trois semaines. Un vrai naufrage pour notre groupe, mais aucun regret.

Fabian, qui nous avait rejoint en Turquie, a continué le voyage avec nous pendant trois semaines à Chypre. Exploration de la partie turque de Chypre du Nord faite, nous avons squatté pendant quelques jours un bâtiment abandonné à Nicosia. Un peu en galère de douche et de lessive, nous avons quitté la ville pour les montagnes de Trodoos après avoir trouvé toutes nos bonnes adresses (bières et pain pas cher) et fêté l’anniversaire d’Arthur avec un Fabian malade comme un éléphant vert. De petit village en petit village, nous nous arrêtons pour goûter les fleurs d’amandiers qui remplissent les versants. A Alona, dont les rues sont protégées du soleil par de vieilles vignes, probablement magnifique en automne, nous retrouvons au hasard le vieux coach de foot qui nous avait offert une douche à Nicosia, entouré de ses potes d’enfances, et celui-ci s’excuse de ne pouvoir nous offrir que les restes de leur repas. Nous retrouverons aussi Doria, une amie de Grenoble, qui va se payer le luxe de nous suivre dans nos aventures pendant deux semaines et nous aider dans la construction de barrages de rivière.

Fabian a ensuite à son habitude presque loupé son avion, et Doria l’a suivi dans la foulée. Nous avons poursuivi avec notre super coupain Olex from Ukrain, qui après avoir cassé la poignée de notre cafetière à Antalya, s’est mis en tête de remettre ça avec le couvercle et de brûler le matelas d’Arthur en testant une technique révolutionnaire de sable chauffant (demandez-nous si vraiment ça vous intéresse).

Après un mois sans shampoing, nous avons trouvé notre oasis : quatre filles en service volontaire européen avec une maison, une douche, une machine à laver, une terrasse et un chat homosexuel. Ce sera notre quartier général pendant plus d’un mois de va et vient alors que la suite se met en place.

En voyant une affiche de festival trance dans la rue, nous avons décidé d’y être bénévole : une semaine donc de nettoyage, de construction de tente, ansi que trois jours de musique avec toute l’équipe d’Exodus, un paquet d’Israéliens soutenus par les Chypriotes.

Puis la famille chérie de Rémi est venue nous rendre visite, permettant grâce à ‘Super Voiture De Location’ d’accéder à des coins plus reculés comme les gorges d’Akavas, dans le parc d’Akamas. Ces derniers, conformément à nos exigences, ont débarqué avec plus de fromage et de charcuterie que de vêtements.

Mais l’aventure chypriote commençait à s’éterniser, deux mois, et il était temps de trouver un bateau à voile pour l’Égypte. On a tout essayé, toutes les marinas et les ports, on s’est fait arrêter par la police qui nous pensait Jihadistes en herbe sur la route de la Syrie, pour finalement devoir se rabattre sur Israël que nous voulions éviter. Et puis finalement, on a payé un cargo à un prix défiant toutes les concurrences : 230, deux fois le prix de l’avion. Mais nous n’avons pas flanché, non, l’avion et ses prix ridiculement bas ne nous aura pas encore.

Israël, Palestine, préparez-vous à résoudre votre conflit, on débarque !

Fil Topo, Rémi et Arthur.

Quelques photos d’endroits que nous avons aimés.

utds_IMG_1446Vue sur la péninsule de Dipkarpaz, Chypre Nord.

utds_IMG_1201Une des plages de Dipkarpaz.

utds_IMG_5114Rue côté turc à Nicosia. Pleins de bâtiments abandonnés facile à squatter pour passer un moment dans la capitale.

utds_IMG_1272Les montagnes de Trodoos, ici le village de Palaichori.

utds_IMG_1375Squat d’une ancienne boîte de nuit à Paphos. Arthur rêvait d’y ouvrir son prochain bar.

utds_IMG_9227Plage dans le parc d’Akamas.

utds_IMG_1388Pyla, l’un des derniers villages où Chypriotes turcs et grecs vivent ensemble.

utds_IMG_9196Capo Greko côté Nord de l’île.

utds_IMG_1570La plage après le village d’Akdeniz, nord de Chypre.

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Brève – A nous le nouvel iPapyrus !

Pour de nombreuses raisons qui ne dépendent pas de nous (flemme, chaleur, des gens qui essayaient de nous construire l’internet, fromage frais, etc.), nous n’avons pas beaucoup écrit ces dernières semaines. Et pourtant il s’en est passé des choses !

Tout d’abord, nous avons quitté Israël après avoir fait un petit tour en Palestine et nous avons rejoint Marie en Jordanie, une amie de l’année universitaire en Australie d’Arthur. Trois semaines se sont alors écoulées à la vitesse d’un dromadaire de course, et internet s’avérant être aussi difficile à trouver que de l’eau, notre site n’a pas été inondé.

Alors après que Marie ait décidé de louper son avion depuis la Jordanie et de nous suivre quelques semaines de plus, nous avons pris le bateau pour l’Egypte. Entre temps, ses parents ne la voyant pas débarquer à l’aéroport de Marseille ont appelé toute sorte de consulats et de polices pour la retrouver. En ce moment dans le Sinaï, nous nous sommes posés à Dahab pour rattraper tout ce qu’on avait mis de côté. Nous hésitons encore entre un cours de masque et tuba ou un camp d’entraînement de quelques jours avec l’État Islamique ©. Les Frères Musulmans ® proposent aussi des tarifs avantageux, mais nous avons entendu dire que le service est de moins bonne qualité. Un petit mois est prévu dans cette Egypte désertée des touristes, de ce que nous avons vu pour l’instant.

On est aussi très fier d’avoir eu notre première tourista.

Mariarthurémi, un tour deux singes et une loutre.

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