Brève – ሰላምናችሁ l’Afrique

Selamnatchu ሰላምናችሁ !

Depuis environ une semaine nous voilà en Éthiopie. Nous avons donc quitté le monde Arabe pour entrer dans l’Afrique à proprement parler. Les premiers jours ont été assez difficiles. Il y a très peu de voitures et c’est donc super dur de faire du stop, beaucoup de gens nous demandent de l’argent, surtout les enfants qui nous suivent sur des centaines de mètres, et on essaye souvent de nous faire payer le « prix de l’homme blanc ». C’est la saison des pluies donc il pleut beaucoup, impossible de camper, difficile de se faire héberger, et on finit par payer des chambres d’hôtels. On vient d’arriver à Mekele où l’on trouve une ville plus grande, plus accueillante et des gens qui ont apparemment plus l’habitude des étrangers.

Depuis plusieurs mois nous prenons du retard sur nos articles. Chaque jour de 11h à 17h, Internet ne marche plus, de 17h à 21h il y a une coupure générale d’électricité, ce qui ne nous laisse que le créneau 9-11h pour s’amuser à charger 38 fois les mêmes pages en attendant que la connexion se stabilise. Les endroits confortables avec une prise électrique pour se poser et écrire sont rares, donc on se rabat sur les hôtels « chics » où l’on se prend un délicieux expresso éthiopien.

Après des mois de désert, nous sommes quand même bien content de traverser les collines, que dis-je, les montagnes verdoyantes de l’Éthiopie, d’avoir vu des singes sauvages (non papa pas encore d’éléphants) et d’avoir échangé le thé contre des bières bonnes pas chères. Et c’est ce que nous buvons quand la pluie est trop forte, pas le choix.

Mais les articles viendront. Soyez patients, on vous envoie plein de café télépathique en attendant.

Ciao !

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Galerie Jordanie

Les photoufs de la Jordanie, trois semaines que nous avons passées en compagnie de Marie, une amie française.

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Galerie Israël

Voilà la sélection de photos pour l’Israël.

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Israël, Palestine 3/3 – Tu me passes le houmous ?

Voici le troisième et dernier article sur nos réflexions sur Israël. On espère que vous tenez le coup, et qu’au moins un ou deux d’entre vous liront jusqu’au bout. Si vous avez raté les épisodes précédents voici l’article 1 et l’article 2, pratique !

« Je me suis rendu compte que je ne faisais pas que défendre mon pays. » nous dit un ami qui a signé un contrat de 10 ans après son service militaire.

Invoquant le self-défense, Israël se permet de répliquer avec beaucoup de puissance. La technologie militaire et les moyens mis en œuvre par Israël sont largement supérieurs à ceux de la Palestine, comme le Dôme de Fer par exemple. Sur le site Breaking the Silence des soldats parlent de leur expérience, ils expliquent que souvent les ordres ne sont pas donnés dans le respect des conventions de guerre et que les civils ne sont pas épargnés autant qu’ils le devraient. Le déséquilibre des forces est flagrant, l’armée Israélienne est surpuissante, et même s’il paraît normal de se défendre contre des attaques terroristes, la vérité n’est souvent pas aussi simple. De nombreux civils palestiniens sont tués tandis que le nombre de morts côté israélien est ridiculement inférieur. Très souvent nous entendons dire que la faute est aux « terroristes » qui se serviraient des civils comme de boucliers humains et lanceraient leurs roquettes depuis des lieux habités (école, bâtiments publics,…). Même s’il est probable qu’ils utilisent ces méthodes et commettent de nombreux crimes de guerre, Israël ne fait pas tout le temps l’effort de protéger les civils comme les conventions internationales le prévoient. En lisant certains témoignages de soldats on se rend vite compte que l’armée israélienne, bien que considérée légitime, n’est absolument pas irréprochable. A titre d’exemple durant la dernière guerre contre Gaza en été 2014 (opération « bordure protectrice »), il y aurait eu selon l’ONU 1400 civils palestiniens tués contre 6 civils israéliens.

Mais le déséquilibre n’existe pas seulement dans le compte des morts de chaque camps. Le peuple Palestinien souffre, son pays n’est pas reconnu et est en train de se faire entourer d’un mur, leur liberté est réprimée. Et pendant ce temps-là, dans la bulle Tel-Aviv à une heure de voiture, David fait son footing et sa muscu à la plage. Un espèce de décalage sur-réaliste qui fait qu’on oublie assez facilement tout le reste après quelques jours passés à Tel-Aviv à jouer à la raquette au bord de l’eau.

« Ah c’est une ville d’Arabes ça. » nous dit un de nos premiers conducteurs.

« Hein ? Mais qu’est-ce-que tu veux dire par là ? » Nous sommes un peu choqués au début quand nous entendons les gens parler « des arabes là-bas ». Mais en fait la société israélienne est vraiment organisée comme ça : il y a des villages classiques, « juifs » et des villages arabes situés à quelques kilomètres l’un de l’autre et qui n’ont que très peu d’échanges entre eux. Une village arabe est différent d’un village palestinien car il est sur le territoire d’Israël et les Arabes qui y vivent ont la nationalité. Mais c’est aussi un autre monde, où les lois et l’organisation ne sont pas tout à fait les mêmes qu’autre part. Ce phénomène de ghetto, présent partout sur la planète, semble très fort en Israël. La société est divisée en une multitude de mini-groupes, les Arabes dans leurs villages, les colons dans leurs nouveaux lotissements barbelés, les Palestiniens entourés par des murs, mais aussi le quartier soudanais, les kibboutz et les villes de Druzes, un courant assez spécial de l’Islam. C’est presque comme s’il y avait une volonté de séparer les gens, mieux vaut que les différentes populations ne se rencontrent pas trop. Les Arabes israéliens par ailleurs sont exemptés de service militaire, leur allégeance à Israël ou Palestine pouvant être douteuse, mais ce qui au final sépare encore plus les deux peuples. Si au lieu de ne rien faire ils devaient faire un service civique pour s’intégrer plus au système global ?

Nous nous interrogeons sur les programmes inter Israël-Palestine qui existent vraiment. Les gens nous parlaient souvent des Arabes, qui sont comme ci, qui construisent leurs maisons comme ça et autres. Et comme bien des préjugés, il y a une part de vérité. « Mais tu y es allé en Palestine ? » « Euh non pas vraiment ou alors j’étais petit. » On a envie de le comparer aux banlieues en France, où les gens qui n’y ont jamais mis les pieds se permettent de les critiquer. Quand on ne vit qu’avec ses semblables et que les mélanges sont rares cela ne facilite pas la compréhension et n’aide pas vraiment la disparition de la haine.

« No English » nous répond un orthodoxe quand nous lui demandons notre chemin.

S’il y a bien une communauté étonnante, pour ne pas dire étrange, en Israël, ce sont les Juifs ultra-orthodoxes, les Haredim. Ce sont des personnes qui vouent leur vie à la religion et l’étude de la Thora et qui suivent la Halakha, la Loi Juive, à la lettre. Il existe différents courants dans cette communauté. L’homme adulte ultra-orthodoxe classique se balade en costume noir, chapeau noir à bord large et chemise blanche. Bien souvent il porte une longue barbe, a des genres de longues nattes en tire-bouchon qui poussent au niveau de la tempe (des papillotes) et porte les tsitsits, genre de fils tressés qui pendent au niveau du pantalon, afin de leur rappeler les commandements de Dieu. On ne peut pas les louper. Les femmes ont aussi un style vestimentaire officiel, plutôt pas sexy, agrémenté d’une coiffure assez moche. Elles passent leur temps à pousser des poussettes. Des poussettes, des poussettes, des poussettes partout, les Juifs orthodoxes font énormément d’enfants et les fratries de plus de dix frères et sœurs ne sont pas rares. Ils vivent reclus dans des quartiers ou dans des villes entières, les enfants vont dans des écoles spéciales. Ils ne rencontrent que des personnes de leur milieu et ne font qu’apprendre la Thora, et oui pas de mathématique ou d’anglais pour les petits orthodoxes. Il devient alors difficile de sortir de ce milieu dans lequel leurs pensées sont complètement tournées vers une seule étroite direction, et les gens qui en ont le courage se retrouvent complètement en marge, pour trouver un travail par exemple car ils manquent cruellement de compétences. Alors entendre quelqu’un nous dire « no English » dans un pays où tout le monde parle parfaitement anglais, c’est un peu bizarre.

Avec un mariage jeune et un nombre d’enfants par couple démesuré, on s’imagine bien comment la population de Juifs orthodoxes croît et à quel point il devient important pour le gouvernement israélien de gagner les votes de cette communauté.

Cette part de la population qui voue leur vie à Dieu et à la lecture de la Torah est un problème qui touche le reste des Israéliens. Comme ils ne travaillent pas, ils (sur)vivent des aides de l’État, notamment des allocations familiales, et en faisant des arrangements au sein de leur cercle très fermé. Avec une petite signature du rabbin, ils sont aussi exemptés de service militaire. Mais bon, ils ont déjà une bonne dose de lavage de cerveau dû à leur mode de vie et de la religion, c’est déjà ça.

A la ghettoisation dont nous avons parlé plus haut avec les Arabes, il faut bien sûr rajouter les ultra-orthodoxes qui en sont une superbe illustration !

« Ne montez pas en stop avec un Arabe. » nous disent environ 10000 Israéliens.

Les Israéliens ont peur, ils ont peur des Palestiniens, ils ont peur des roquettes. Souvent quand nous parlons de notre voyage et que nous disons que nous voulons nous rendre en Palestine, en Jordanie ou en Égypte, ils nous prennent pour des fous, nous disent que nous allons nous faire exécuter. Tous les Israéliens nous répètent qu’il ne faut absolument pas monter dans une voiture arabe quand nous faisons du stop, ces même Israéliens qui ne sont jamais allés en Palestine.

Cette peur nous fais souvent rire et est en décalage complet avec nos expériences de stop en Israël, où il n’est pas rare qu’un jeune femme prenne en stop les deux barbus que nous sommes, de nuit, sur une petite route. Ce qui n’arrive pas ou très rarement en Europe.

« Aujourd’hui on fête le jour où Jérusalem a été capturée. On dit capturée ou délivrée ? » « Bin ça dépend du point de vue. » répondons-nous à un ado Israélien qui hésite sur son Français.

Jérusalem est un des points de discorde majeur du conflit. Haut-lieu de bon nombres de courants religieux, Jérusalem accueille des touristes et pèlerins du monde entier. Depuis 1967 suite à la Guerre des Six Jours, Israël contrôle l’intégrité de la ville, et tous les ans les Juifs ultra-nationalistes se font une joie de se le remémorer avec une gigantesque manifestation lors de Yom Yeroushalayim, la Journée de Jérusalem. Bien sûr, les Palestiniens ne sont pas d’accord avec cette occupation. Alors que Jérusalem pourrait être un lieu où toutes les religions vivent en paix, elle est plutôt la démonstration de cet incapacité de certains hommes à gérer leurs différences.

C’est quand nous demandons un garçon dans la rue lors de Yom Yeroushalayim, l’air de rien savoir, quel est l’origine de cette agitation qu’il nous répond cette superbe phrase. Pendant des heures, nous allons faire une indigestion de drapeaux bleus et blancs et de nationalisme exacerbé. Des Juifs de tout le pays sont venus pour suivre le cortège dans les rues de Jérusalem. Des adolescents balancent des prospectus réclamant l’expulsion des Musulmans du dernier bastion de la vieille ville qu’ils contrôlent encore vraiment, le Mont du Temple. Nous étions prévenus, la police et l’armée est présente en masse et c’est d’ailleurs assez normal quand on voit que la marche passe par le quartier musulman en s’égosillant avec des slogans niveau CE2 comme le trop classique « Mort aux Arabes ! » Un peu d’originalité aurait été appréciée. Les altercations sont nombreuses avec les pro-Palestiniens, et la contre-manifestation de ces derniers est bien entendu mise à l’écart par les forces de l’ « ordre ».

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Et dans tout ce bordel, une petite dizaine de personnes transportaient des roses pour les offrir à la foule afin de calmer les ardeurs. Que ce soit côté pro-Palestinien ou pro-Israélien, les manifestants demandaient une fleur avec un grand sourire avant de la détruire pétale par pétale en face de leur visage et de leur jeter dessus. C’est assez difficile d’exprimer la folie humaine que nous avons vécue cet après-midi là. Ce n’était plus des hommes, mais seulement des moutons enragés s’abreuvant à chaque slogan, en attente de la prochaine petite friction pour se donner une raison de détester encore plus l’autre côté, et si possible de se battre un peu.

Les femmes quant à elle ont un tracé différent de celui des hommes et que nous n’avons pas suivi, donc nous ne saurions vous dire si elles aussi ont osé détruire les roses.

En fait, c’était une journée assez triste pour nous et nous sommes rentrés le cœur lourd. Mais ceci étant dit, nous avons vu la ville pendant des journées plus normales, et Jérusalem est une ville vraiment chouette !

Nous avons fait une petite vidéo pour montrer à quoi Yom Yerushalayim ressemble.

« Le meilleur humus c’est ici. » On a toujours pas compris où c’était, chaque Israélien a une adresse différente.

Les Israéliens sont fiers de leurs quelques spécialités. Ils connaissent tous la meilleure adresse en Israël pour manger des falafels ou du humus, et ils ont tous la meilleure recette pour faire une shakshuka ou préparer le tahini. Au final, et ils l’admettent, ces plats sont des plats arabes qu’ils ont intégrés à leur culture. Quand on commence à se familiariser avec les deux cultures, cela devient un jeu de noter tous les points communs entre les Israéliens et les Arabes. La langue est un bon exemple, la majorité des mots hébreux est d’origine arabe.

« Make hummus not walls» (faites du humus pas des murs), la solution est toute trouvée pour ce tagueur sur le mur de séparation de la Palestine à Bethléem.

« Ah mais en France vous avez pas peur de la montée de l’extrémisme?! » nous disent de nombreux conducteurs.

En Israël, et surtout à Tel-Aviv, on entend tout le temps parler français. De nombreux Juifs français, souvent parisiens, ont émigré en Israël profitant de la loi du retour pour obtenir la nationalité israélienne. Beaucoup d’entre eux ont déménagé car ils pensent être plus en sécurité en Israël. Nous avons souvent eu cette même discussion avec des Israéliens nous expliquant qu’ils ont vu à la télé qu’il est très dangereux d’être Juif en France et que celle-ci est remplie d’islamistes et d’antisémites. Nous tombons un peu des nues et devons chaque fois expliquer que non, les extrémistes islamiques ne font pas la loi en France, et que non il n’est pas vraiment dangereux d’être Juif en France. Notre connaissance limitée de la question nous fait nous poser des questions mais nous avons quand même l’impression que la communauté juive française, fermée sur elle même, tend à exagérer l’antisémitisme et les problèmes que les Juifs auraient à faire face dans l’Hexagone.

En essayant de tout résumer, nous avons fini par un truc assez long et nous n’avons pas du tout parlé de notre expérience en tant que voyageurs (qui fut un délice), et ce sera chose faite dans un prochain article.

Hummus à tous,

Arfer and Raymi.

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Israël, Palestine 2/3 – Encore des murs ?

Voici le deuxième article sur nos réflexions à propos d’Israël. Si vous n’avez pas lu le premier c’est par ici.

« Je me suis fait casser la fenêtre de ma voiture par un gamin qui m’a jeté une pierre. » nous dit une femme qui a voulu s’arrêter pour prendre un jeune Palestinien en stop.

Avant d’arriver, nous avions quelques problèmes pour comprendre vraiment ce qu’est la Palestine. Les territoires palestiniens sont composés de la Cisjordanie (West Bank in English) et de la bande de Gaza.

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La Cisjordanie, la plus grande partie de ces territoires, est plus ou moins occupée par l’Israël qui ne reconnaît pas l’existence de la Palestine. Il y existe trois zones, A, B, et C. On a beau lire dix fois à quoi correspond chaque zone puis oublier, la différence devient très nette une fois sur place. Les zones A sont contrôlées par les Palestiniens, et les Israéliens n’ont pas le droit d’y aller, même si des soldats s’y rendent lors de raids ou d’opérations. Dans les zones B les Palestiniens sont en charge des affaires civiles et la sécurité est partagée entre les Israéliens et les Palestiniens. L’armée Israélienne y est omniprésente. En zone C, entièrement contrôlée par Israël, de nombreuses colonies se sont installées depuis 1967. Une colonie est en fait un petit village créé de toute pièce et entouré de barbelés avec un check-point à l’entrée, habité par des Israéliens souvent très sionistes. Une technique du gouvernement pour coloniser le territoire qui rend de plus en plus difficile une résolution du conflit. Les colons qui vont s’installer en Palestine considèrent que c’est leur droit de vivre ici en Terre Promise, et ce malgré le climat de terreur que les extrémistes peuvent leur inciter. Ils profitent par ailleurs des subventions du gouvernement pour les inciter aux joies de la colonie en famille.

L’autre partie de la Palestine, la bande de Gaza, est une petite région dans le sud-ouest de l’Israël. D’abord occupée militairement par ce dernier jusqu’à sa partielle gestion par l’Autorité Palestinienne en 1994 décidée par les Accords d’Oslo, la bande de Gaza s’auto-gère pleinement depuis la rétractation des colonies en 2005. Avec l’arrivée au pouvoir du Hamas en 2007 et le blocus israélo-égyptien, les rapports se sont fortement dégradés et de grands affrontements ont eu lieu. Entre blocus, état de guerre et attaques armées, le peuple de la bande de Gaza subit de graves crises humanitaires et sanitaires. De plus le Hamas a mis en place un régime très islamique où il existe très peu de libertés et dans lequel on apprend aux plus jeunes à être prêt à mourir en martyr dans des attentats suicides contre Israël.

Avec les récents affrontements, Israël a décidé de se protéger des attaques, comme les jets de pierre dont nous parle cette femme, et s’est rapidement équipé avec tout un arsenal de dispositifs anti-terroristes. La bande de Gaza a été complètement entourée par un mur empêchant les contacts avec le monde extérieur, d’où les tunnels de trafic qui se sont créés au fil des années. Les villes en zone A sont pareillement isolées avec assez peu de considération pour les enfants qui reviennent le soir de l’école et trouvent en face de leur maison un mur de 12 mètres de haut. Les routes à risques sont longées par un mur anti jet de pierre et les Israéliens n’y vont pas avec le dos de la main morte quand il s’agit de grillage et de barbelés. Un peu partout en Palestine, des check-points viennent fleurir les prairies.

« Pouvez-vous ouvrir vos sacs ? » nous demande un soldat armé à l’entrée de chaque lieu public.

A l’entrée de tous les centres commerciaux, universités et autres, les voitures doivent ouvrir leur coffre, nos sacs sont ouverts régulièrement pour une vérification plutôt superficielle et nous traversons tout le temps des portiques beep beep.

« On est obligé d’avoir un mur pour se protéger des terroristes. » Toutes les mesures de protection et de contrôle de la population sont justifiées par la lutte anti-terroriste. Et ça marche ! Les attaques subies par les Israéliens ont largement diminué tandis que les gens sont de plus en plus convaincus que ce sont des mesures inévitables. Pourtant ces techniques qui sont efficaces, peut-être même nécessaires, ne sont qu’une solution à court terme. Comment espérer que les Palestiniens vont se calmer alors qu’ils se sentent parqués comme des animaux ? Le gouvernement croit-il vraiment qu’il œuvre pour la paix quand il entrave la liberté de mouvement des Palestiniens ?

Lors d’une discussion avec un ami, nous nous sommes posés la question du terrorisme. Si le terrorisme est la création et l’emploi de la terreur, il est normal de se demander qui créé la peur. Pour les civils Palestiniens, c’est très largement le Tsahal, l’armée israélienne considérée comme légitime. Car en effet Israël est venu s’imposer de force là où les Palestiniens vivaient et ne se prive pas de tuer des civils pour leur cause. Alors que pour les Israéliens, ce sont les organisations internationalement déclarées comme « terroristes ». Alors est-il possible de parler de groupes terroristes et d’armée légitime ?

Les moteurs de la terreur dans ce conflit et les groupes qui les alimentent sont très présents des deux côtés. En Palestine par exemple nous voyons sur des affiches de propagande des photos de jeunes soldats avec leur plus belle mitrailleuse.

« De temps en temps y’a une vache qui explose dans le plateau du Golan. » nous dit un pote autour d’une bière. Ou deux. Je me souviens plus très bien.

Alors que la Jordanie et l’Égypte ont signé un traité de paix, l’Israël est toujours en guerre avec deux pays frontaliers, le Liban et la Syrie. Les frontières avec ces deux pays sont complètement fermées et opaques. Le plateau du Golan, une zone dans le Nord toujours disputée avec la Syrie et témoin de différents affrontements, est parsemé de mines bien pratiques pour empêcher les Syriens de passer. Et de temps en temps une toute gentille vache, totalement perdue dans ce conflit, se fait exploser le ciboulot alors qu’elle broutait tranquillement son herbe.

« L’été dernier on voyait souvent des missiles au dessus de la ferme. » nous disent nos amis bergers à Nes Harim.

Quand on voyage en Israël il est facile d’oublier que c’est un pays en guerre et même s’il arrive qu’il ne se passe pas grand-chose pendant de longues périodes, un climat de tension est présent dans la tête des Israéliens et de nombreux détails nous rappellent quotidiennement la situation. On voit des avions de chasse qui passent les uns après les autres au-dessus de la plage, on voit des militaires faire des courses avec leur fusil d’assaut, on voit des voitures blindées tous les jours, on voit des gens avec un flingue qui sort de la ceinture et des bunkers dans les immeubles. Il n’est pas rare d’entendre parler de « l’été dernier » quand des missiles volaient tout le temps. Nous avons aussi été témoins d’une simulation de guerre, un jour durant lesquelles des sirènes sonnent à travers le pays, prévenant d’une attaque combinée d’à peu près tous leurs ennemis.

Dans la même lignée que les protections anti-terroristes, Israël est reconnue pour son « Dôme de Fer » (Iron Dome), installation ingénieuse qui intercepte les missiles extérieurs si ceux-ci menacent de tomber en zone peuplée, et qui a un très bon taux d’interception (pour un coût en accord avec l’efficacité).

Israël est en fait une île entourée de terres, position pas facile à tenir en ces temps.

« Qu’est-ce-que c’est que ça ? Tu fêtes tes 18 ans et on te met un flingue dans la main. C’est comme ça que tu commences ta vie d’adulte. » nous dit une jeune conductrice qui, elle, pour une fois, est déjà allée en Palestine.

Premier jour en Israël, on voit un militaire avec un énorme fusil dans une librairie à la recherche d’un livre pour sa petite sœur. Et puis on n’arrête pas d’en voir partout, et puis on s’y habitue un peu. Israël est un petit pays, mais avec un service militaire de trois ans (selon le grade, l’unité ou autre, c’est deux ans ou bien des fois cinq), presque tous les citoyens, même les femmes, sont des soldats potentiels. Les gens que nous rencontrons nous disent qu’ils sont pilotes d’avion de chasse, qu’ils apprenaient aux recrues à conduire un tank, ou encore servaient dans un sous-marin. Régulièrement, les anciens du service militaire doivent revenir pour une petite période. Un bon moyen de faire rentrer dans la tête de jeunes ados de 18 ans le message du gouvernement. L’argument utilisé ? « On a besoin que tout le monde soit un soldat vu notre position ». Bien que le service militaire ne soit pas aussi dur que l’armée professionnelle, une fois fini, les jeunes Israéliens s’en vont envahir l’Inde et l’Amérique du Sud pour décompresser.

Le service militaire est très efficace pour contrôler les esprits des jeunes israéliens. Il n’est qu’un moyen parmi tant d’autres qui font que de nombreux Israéliens ne sont au courant que de la moitié de ce qui se passe, remettent rarement en question la légitimité de l’Israël et ne réalisent pas à quel point Israël impose son pouvoir et sa volonté sur le peuple palestinien.

Israël a besoin d’une armée, c’est indéniable pour l’instant. Mais a-t-elle vraiment besoin que toute sa population soit des soldats ? Que se passerait-il si la moitié d’entre eux faisaient un service civique œuvrant pour la résolution de conflit ?

« Ce sont des soldats solitaires. » nous dit un barman désignant une table.

Comme les Juifs sont présents un peu partout dans le monde et certains se sentent très proches d’Israël, des jeunes non Israéliens viennent aussi faire le service militaire sous la pression sociale, répondant à des obligations familiales par exemple. Ce sont les « lonely soldiers » (soldats solitaires), souvent Américains, qui font leur service en Israël mais qui n’ont pas de famille sur place avec qui passer leur permissions. La loi du retour, un des principes de l’État d’Israël, garantit à tout Juif le droit d’immigrer et donc d’obtenir la nationalité israélienne. Un melting-pot de cultures et d’opinions se rencontrent donc partout dans le pays, de même qu’une certaine tolérance.

« Non mais je m’en fous moi, je préfère leur donner pleins de terres et qu’on fasse la paix. » nous dit un jeune.

Les Sionistes ne seraient sûrement pas d’accord et pas du tout prêts à lâcher la Terre Promise. Cependant une très large partie de la population préférerait que le conflit soit résolu et faire deux pays complètement indépendants. C’est d’ailleurs la solution la plus soutenue au niveau international plutôt que l’intégration de la Palestine à Israël qui ne semble plus une option possible depuis longtemps.

Et bientôt, la troisième et dernière partie qui va vous transcender, vous émerveiller, si vous arrivez à la lire en entier.

Amour à la pelle,

Nous.

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Israël, Palestine 1/3 – Terre Promise ?

Israël est un pays complexe qui nous a fait nous poser de nombreuses questions. Nous avons décidé de séparer cet article en trois parties, car il y a trop de choses dont nous voulons parler et qui nous semblent indispensables pour comprendre le pays. Nous écrirons plus tard un article sur notre passage en Israël, où nous avons adoré voyager. Vous pouvez aussi voir nos photos dans la galerie.

« Ne vous inquiétez pas c’est la procédure. » nous dit la fille de l’immigration.

Nous débarquons à Haïfa dans le Nord de l’Israël. Après deux heures d’un interrogatoire durant lequel on nous demande ce que nous venons faire en Israël, pourquoi nous venons en bateau, qui nous connaissons en Israël et leur adresse, combien de temps nous allons rester, où nous allons après, mais aussi comment nous finançons notre voyage, etc … vient la fouille des sacs, suivie d’une deuxième personne qui vient poser les mêmes questions, et finalement nous avons notre tampon, sur papier séparé comme voulu. On le comprend, Israël ne rigole pas avec ses frontières et la peur du terrorisme les poussent à faire ces recherches en profondeur sur les voyageurs entrant le pays. D’autant plus que nous sommes deux petits Français arrivant par bateau avec une histoire de voyage peu orthodoxe, on ne rentre pas dans leurs cases et ils trouvent ça louche. On était prévenu, Israël est un pays assez spécial. A nous de le découvrir !

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« Qu’est ce que vous pensez de ce miracle ? » nous demande un orthodoxe à l’allure cool.

«Quel miracle? » répondons nous. «Mais, ÇA!! » – en nous montrant le paysage – « Israël! ». Oh oui l’Israël, je vois. Pour comprendre ce pays nous avions besoin d’une petite remise à niveau historique.

Depuis la fin du XIXe siècle, les Juifs d’Europe subissent la montée de l’antisémitisme avec son apogée lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Les Juifs alors éparpillés dans le monde désirent créer un État Juif en retournant sur la Terre Promise décrite dans la Bible. Le Sionisme est la philosophie et le mouvement politique qui soutient l’existence d’un état pour le peuple juif en terre d’Israël, mais sur laquelle la Palestine s’était installée entre temps. Depuis le début du XXe siècle la communauté juive achète petit à petit des terres en Palestine. Après la Deuxième Guerre Mondiale la création d’Israël est rendue possible grâce au gouvernement britannique qui remet son mandat sur la Palestine aux Nations Unis.

En 1948, Israël fait sa déclaration d’indépendance qui entraîne une guerre avec les états arabes environnants. Les Israéliens gagnent cette guerre et de nombreux Palestiniens sont contraints à l’exil. Dans un grand mouvement d’humanisme et de compassion, ce qui sera plus tard Israël est venu s’imposer de force là où des gens vivaient depuis des générations et le savait très bien. Ben Gurion, alors premier ministre israélien, dit en 1938: “Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. ” (Adressé au comité politique Mapai (7 June 1938) cité dans Flapan, Simha, Zionism and the Palestinians)

Durant vingt ans le peuple israélien ne cesse de croître et l’aide économique de la diaspora permet à Israël de se développer rapidement. Cependant les tensions avec les pays arabes voisins ne disparaissent pas, ceux-ci continuent de voir d’un mauvaise œil la présence des Juifs dans la région, et des attentats meurtriers ont lieu à l’intérieur du pays. Le 5 juin 1967 les pays arabes voisins, l’Égypte, la Jordanie et la Syrie attaquent simultanément Israël durant la « guerre des Six Jours ». L’armée israélienne, le Tsahal, riposte et écrase l’offensive arabe. Au terme des six jours, la guerre se termine et Israël, en plus de se défendre, a conquis la péninsule du Sinaï, Jérusalem-Est, la Bande de Gaza et le plateau du Golan, prouvant par la même occasion au monde sa supériorité face aux armées arabes.

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En 1979 un traité de paix est signé avec l’Égypte, et en 1982 Israël se retire du Sinaï.

En 1982, Israël envahit le Liban dans le but de faire cesser les attaque de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), 17000 Arabes contre 670 soldats israéliens meurent. Pour certains, Israël a agit contrairement aux lois internationales et les Nations Unis ont considéré le massacre de Sabra et Shatila comme un génocide. Lors de ce massacre, les phalanges, un parti libanais de droite chrétienne, attaquent des camps de réfugiés et déciment de nombreux Palestiniens sous les yeux de l‘immobile armée israélienne.

Puis en 1987 la première intifada (soulèvement en arabe) éclate et s’étalera sur 6 ans en opposant des militaires sur-armés à des manifestants jetant des pierres. 1162 Palestiniens contre 160 Israéliens meurent.

Durant les années qui suivent différent traités assurant plus d’autonomie au peuple palestinien, notamment Gaza et certaines villes de Cisjordanie qui deviennent indépendantes, mais les tensions avec les Palestiniens restent très vives et Israël continue de se protéger. En 2000 une seconde intifada éclate, entraînant à nouveau la mort 4400 Palestiniens et 1000 Israéliens et c’est durant ces conflits qu’Israël entame la construction d’un mur de séparation entre Israël et la Palestine.

Jusqu’aujourd’hui différentes guerres et opérations militaires se succèdent opposant Israël aux groupes armés palestiniens, comme le Hamas qui a en 2006 pris le contrôle de Gaza lors d’une élection législative palestinienne. Des civils palestiniens sont tués à chaque fois pendant qu’Israël améliore la défense de son territoire assurant une baisse drastique du nombre de civils israéliens tués.

Pour les Sionistes comme notre orthodoxe, tout ce qui s’est passé est un miracle, Israël s’est imposé et le peuple juif a conquit la Terre Promise. Tout est rentré dans l’ordre !

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Pendant tout ce temps, les premiers Juifs immigrants ont fait pleins de petits marmots, qui eux sont nés Israéliens, avec un passeport israélien et pas forcément celui de leur ancêtres. Alors bien que le conflit se soit enlisé, on ne peut pas les renvoyer ‘chez-eux’, il faut trouver une autre solution.

Sur la route, on passe devant de nombreux de bâtiments et parcs « généreusement offert par… »

Comment Israël a-t-il pu résister si longtemps et si efficacement alors que ce n’était qu’un état en construction ? En fait, Israël reçoit des sous qui viennent de partout : les Juifs autour du monde ont compté dans leurs rangs de très riches familles, beaucoup dans les places importantes de la société. De ce fait Israël a très largement bénéficié de l’aide économique de la diaspora. Les États-Unis sont le partenaire économique numéro un d’Israël et offre une grosse aide financière au pays.

Entre-temps le pays s’est modernisé rapidement et est maintenant à la pointe dans des domaines comme l’agriculture ou l’armement lui offrant une longueur d’avance au niveau des moyens sur ses voisins arabes.

« Êtes vous juifs? » nous demandent deux conducteurs sur trois.

« Euh non. » Une des questions que l’on nous a le plus posée. « Oh donc vous êtes Chrétiens? » Non toujours pas. Au début, nous ne comprenions pas très bien car certaines personnes nous disaient être juives mais n’étaient pas religieuses, ou n’avaient pas la foi. Ce n’est qu’après plusieurs semaines que nous avons eu le déclic. Pour faire court, être juif c’est se faire circoncire quand on a huit jours et avoir une maman juive et on ne peut pas vraiment y échapper. On ne perd pas son judaïsme comme on peut perdre sa chrétienté, et l’on peut être juif (appartenir au peuple juif) et à la fois être athée.

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C’est bien sûr aussi une religion, mais c’est surtout une culture, avec pleins de rites et de règles que les gens suivent plus ou moins à la lettre. Le Sabbat, notre équivalent du dimanche, est un jour où l’on n’a pas le droit d’utiliser de boutons, ce qui inclut l’usage du téléphone, de l’ascenseur ou de la gazinière. On n’est aussi plus autorisé à se déplacer loin de chez soi.

Toutes ces règles amènent avec elles leur lot de choses étranges et de contournements. Par exemple, tout autour des villages, on voit une sorte de fil aérien à 4m de hauteur, comme un poteau électrique, mais qui sert juste à délimiter le village : en jour de Sabbat, on n’est pas censé le dépasser car on ne doit pas passer de la sphère privée (village ou quartier) à la sphère publique (le reste du monde). Hum. Il y a aussi le compteur électrique pour allumer automatiquement les appareils dans la maison sans avoir à toucher de boutons, ou bien l’ascenseur qui s’arrête à tous les étages pour la même raison.

L’État d’Israël est un état juif et qui respecte donc la loi juive du Talmud.

A suivre bientôt, le prochain zépisode.

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Brève – On a perdu notre Fil Topote…

On a perdu notre pote….

Fil Topo nous a quitté en Jordanie. Pendant plus de 6 mois nous l’avions trimballé, à gauche, à droite, lui promettant de l’emmener voir les éléphants en Afrique. C’est un brillant échec, vu que nous l’avons perdu juste avant qu’il puisse toucher le continent africain. Il était avec nous lors de notre randonnée dans la vallée de Dana (où nous avons jeté un dernier regard sur notre femme notre fils et notre domaine), et puis soudain il avait disparu.

Enlevé ? Peut-être sa crise d’adolescence lui a fait faire une bêtise ? Ou peut-être a-t-il tout simplement confondu les éléphants avec les dromadaires jordaniens ?

Nous pensons fort à lui et nous lançons bien sûr un avis de recherche, merci de nous contacter.

Adieu notre pote, l’esprit de notre groupe de voyage.

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Naufragés à Chypre

Après avoir partagé nos impressions sur Chypre, nous voulions quand même faire un plus court article sur ce que nous avons vu et fait.

Deux mois et demi alors que nous comptions rester deux ou trois semaines. Un vrai naufrage pour notre groupe, mais aucun regret.

Fabian, qui nous avait rejoint en Turquie, a continué le voyage avec nous pendant trois semaines à Chypre. Exploration de la partie turque de Chypre du Nord faite, nous avons squatté pendant quelques jours un bâtiment abandonné à Nicosia. Un peu en galère de douche et de lessive, nous avons quitté la ville pour les montagnes de Trodoos après avoir trouvé toutes nos bonnes adresses (bières et pain pas cher) et fêté l’anniversaire d’Arthur avec un Fabian malade comme un éléphant vert. De petit village en petit village, nous nous arrêtons pour goûter les fleurs d’amandiers qui remplissent les versants. A Alona, dont les rues sont protégées du soleil par de vieilles vignes, probablement magnifique en automne, nous retrouvons au hasard le vieux coach de foot qui nous avait offert une douche à Nicosia, entouré de ses potes d’enfances, et celui-ci s’excuse de ne pouvoir nous offrir que les restes de leur repas. Nous retrouverons aussi Doria, une amie de Grenoble, qui va se payer le luxe de nous suivre dans nos aventures pendant deux semaines et nous aider dans la construction de barrages de rivière.

Fabian a ensuite à son habitude presque loupé son avion, et Doria l’a suivi dans la foulée. Nous avons poursuivi avec notre super coupain Olex from Ukrain, qui après avoir cassé la poignée de notre cafetière à Antalya, s’est mis en tête de remettre ça avec le couvercle et de brûler le matelas d’Arthur en testant une technique révolutionnaire de sable chauffant (demandez-nous si vraiment ça vous intéresse).

Après un mois sans shampoing, nous avons trouvé notre oasis : quatre filles en service volontaire européen avec une maison, une douche, une machine à laver, une terrasse et un chat homosexuel. Ce sera notre quartier général pendant plus d’un mois de va et vient alors que la suite se met en place.

En voyant une affiche de festival trance dans la rue, nous avons décidé d’y être bénévole : une semaine donc de nettoyage, de construction de tente, ansi que trois jours de musique avec toute l’équipe d’Exodus, un paquet d’Israéliens soutenus par les Chypriotes.

Puis la famille chérie de Rémi est venue nous rendre visite, permettant grâce à ‘Super Voiture De Location’ d’accéder à des coins plus reculés comme les gorges d’Akavas, dans le parc d’Akamas. Ces derniers, conformément à nos exigences, ont débarqué avec plus de fromage et de charcuterie que de vêtements.

Mais l’aventure chypriote commençait à s’éterniser, deux mois, et il était temps de trouver un bateau à voile pour l’Égypte. On a tout essayé, toutes les marinas et les ports, on s’est fait arrêter par la police qui nous pensait Jihadistes en herbe sur la route de la Syrie, pour finalement devoir se rabattre sur Israël que nous voulions éviter. Et puis finalement, on a payé un cargo à un prix défiant toutes les concurrences : 230, deux fois le prix de l’avion. Mais nous n’avons pas flanché, non, l’avion et ses prix ridiculement bas ne nous aura pas encore.

Israël, Palestine, préparez-vous à résoudre votre conflit, on débarque !

Fil Topo, Rémi et Arthur.

Quelques photos d’endroits que nous avons aimés.

utds_IMG_1446Vue sur la péninsule de Dipkarpaz, Chypre Nord.

utds_IMG_1201Une des plages de Dipkarpaz.

utds_IMG_5114Rue côté turc à Nicosia. Pleins de bâtiments abandonnés facile à squatter pour passer un moment dans la capitale.

utds_IMG_1272Les montagnes de Trodoos, ici le village de Palaichori.

utds_IMG_1375Squat d’une ancienne boîte de nuit à Paphos. Arthur rêvait d’y ouvrir son prochain bar.

utds_IMG_9227Plage dans le parc d’Akamas.

utds_IMG_1388Pyla, l’un des derniers villages où Chypriotes turcs et grecs vivent ensemble.

utds_IMG_9196Capo Greko côté Nord de l’île.

utds_IMG_1570La plage après le village d’Akdeniz, nord de Chypre.

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Brève – A nous le nouvel iPapyrus !

Pour de nombreuses raisons qui ne dépendent pas de nous (flemme, chaleur, des gens qui essayaient de nous construire l’internet, fromage frais, etc.), nous n’avons pas beaucoup écrit ces dernières semaines. Et pourtant il s’en est passé des choses !

Tout d’abord, nous avons quitté Israël après avoir fait un petit tour en Palestine et nous avons rejoint Marie en Jordanie, une amie de l’année universitaire en Australie d’Arthur. Trois semaines se sont alors écoulées à la vitesse d’un dromadaire de course, et internet s’avérant être aussi difficile à trouver que de l’eau, notre site n’a pas été inondé.

Alors après que Marie ait décidé de louper son avion depuis la Jordanie et de nous suivre quelques semaines de plus, nous avons pris le bateau pour l’Egypte. Entre temps, ses parents ne la voyant pas débarquer à l’aéroport de Marseille ont appelé toute sorte de consulats et de polices pour la retrouver. En ce moment dans le Sinaï, nous nous sommes posés à Dahab pour rattraper tout ce qu’on avait mis de côté. Nous hésitons encore entre un cours de masque et tuba ou un camp d’entraînement de quelques jours avec l’État Islamique ©. Les Frères Musulmans ® proposent aussi des tarifs avantageux, mais nous avons entendu dire que le service est de moins bonne qualité. Un petit mois est prévu dans cette Egypte désertée des touristes, de ce que nous avons vu pour l’instant.

On est aussi très fier d’avoir eu notre première tourista.

Mariarthurémi, un tour deux singes et une loutre.

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Brève – Eh mec ! Il est où mon sac ?

Salut à tous les amateurs de fromage frais,

On a une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer. La bonne en premier : ça fait un petit moment qu’on se dit qu’il faudrait qu’on voyage plus léger, mais on arrivait jamais à se décider à jeter des choses, au contraire, on en accumulait. Maintenant c’est chose fait, on a entre 15 et 20 kilos en moins !

La mauvaise, c’est que c’est pour une mauvaise raison… Et oui, pendant que le gros sac d’Arthur faisait tranquillement la sieste dans la tente à la fin d’un festival de musique sur la plage, ce dernier s’est fait embarquer sauvagement ! Arthur et Rémi ont bien tenté pendant une bonne partie de la nuit de le retrouver parmi les dunes, ainsi que le lendemain, allant même jusqu’à la ville la plus proche, mais sans succs aucun. Rien d’important n’a été perdu, si ce n’est des vêtements, le sac de couchage, des enceintes, quelques souvenirs persos et surtout le sac en lui-même.

Après abandon des recherches, nous sommes allés nous faire offrir des sandwichs et un duvet par le poste de police local lors de notre déclaration de perte. « What is the name of your father? What is the name of your mother? What is your religion? ». Euh, no religion. « No, I’m asking, what is your religion: Jew, Christian, Muslim, Arab? » (Vous noterez qu’arabe est une religion pour l’officier de police). No religion, atheist. Cela semblait le perturber. « This is my name on Facebook, and if you have a problem, just let me know, or call me. Have a nice trip guys ».

Dodo à la dur ce soir-là, et bonne surprise quand le lendemain soir nous remarquons que l’écran d’ordinateur de Rémi est cassé et qu’il faut le changer.

Un bon week-end pour UTDS POWER !!

Au programme de ces prochains jours, aller faire le tour des magasins d’ordi et des magasins de seconde main à Tel Aviv, Israël !

Ensuite, on va aller flotter un peu sur la Mer Morte.

Bisounours à tous,

Raflure, Flémi, et Bill Topo.

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