A propos de notre voyage

Notre plan

Notre plan n’est pas très défini, dans l’ensemble nous essayons de garder un maximum de liberté et de se laisser guider par le voyage. Bien que nous n’ayons pas de fil rouge, nous savons que nous voulons voyager en autostop et ne pas prendre l’avion. Notre voyage est un tour du monde et l’idée est donc de partir d’un côté et de revenir de l’autre, de vérifier que la Terre est bien ronde pour être sûr que ce n’est pas une conspiration des lézards de l’espace, et de vagadonder lors d’une circonvolution en plus de 80 jours dédicacée à Galilée.
Nous avons décidé de commencer par l’Afrique que nous descendrons en passant par l’Est. De la Turquie nous voulons rejoindre Chypre en bateau-stop, puis l’Égypte ou l’Israël. De là environ 15000km de stop nous attendent pour rejoindre l’Afrique du Sud. En gros Soudan, Éthiopie, Kenya, Ouganda, Tanzanie, Mozambique. Nous voulons arriver à Cap Town en décembre 2015 et de là trouver un bateau pour rejoindre l’Amérique du Sud. En effet il est beaucoup plus facile de trouver un bateau à voile pour traverser l’Atlantique entre novembre et février car les vents sont bien plus favorables, et c’est donc la saison pendant laquelle le plus de bateaux font la traversée.
Une fois en Amérique du Sud, nous irons danser pendant un an ou deux la salsa en mangeant des tacos, peut-être que nous irons faire un détour chez les hamburgers et les cow-boys afin de s’acheter un petit fusil en toute légalité.
Et puis une nouvelle fois nous prendrons un bateau à voile pour plonger dans le riz et les bananes asiatiques. Et après on rentre tranquille à la maison !

Comment est né le projet de voyage

   Rémi et Arthur viennent de Grenoble et se connaissent depuis le collège, mais ont commencé à se fréquenter plus régulièrement au lycée jusqu’à devenir comme patate et reblochon. C´est-à-dire qu´on peut les manger séparement, mais une grosse tartiflette c’est quand même hyper bon. Nous avons fait de nombreux voyages chacun de notre côté mais aussi ensemble : aller-retour Grenoble-mer en vélo, voyage en Europe de l’est, etc. N’ayant que peu d’argent (par flemme de travailler !?), et parce que nous n’en avions pas spécialement besoin (spéciale dédicace aux Bourses du CROUS et aux grands-parents en période de fête), nous avons développé un sens aigu de l’économie et du détournement monétaire *. Puis, ce qui était un pure et simple acte de radinerie est devenu un plaisir : nous étions certes bénévoles aux festivals pour ne pas payer la place, mais aussi pour le côté convivial et les rapports humains que le bénévolat crée. De même pour le stop. Mais lisez donc le prochain paragraphe pour en savoir plus.
   Récemment, nos deux parcours universitaires et expériences de vie nous ont amenés à nous poser la question du voyage à long terme, et c’est assez naturellement que s’est lancé le projet. Différentes idées se sont succédé, certaines survivant, d’autres étant peu à peu oubliées : nous voulions dans un premier temps créer un film lors de notre voyage, puis simplement des vidéos, puis finalement on ne sait plus trop… Un autre fil conducteur fut de faire un tour du monde en ayant « 0 dépense en transport ». Ces idées sont toujours quelque part dans notre tête, mais ce ne sont plus elles qui définissent notre voyage.
 * Détournement monétaire : « L’art de ne pas utiliser l’argent pour certaines choses (transport, hébergement, etc.) vu qu’à la place on pourrait s’acheter des bières avec » Larousse, dans l’édition 2019, bientôt dans toutes les bonnes librairies.

Notre manière et notre philosophie du voyage

   Nous avons déjà évoqué plus haut le stop. Mais qu’est-ce-que le stop ?! Heureusement, il y a Wikipedia pour cela.
   Et malheureusement, cette définition ne fait que survoler l’aspect le plus important du stop : les motivations des auto-stoppeurs.
Sortez vos crayons et vos feuilles, voici l´énnoncé du problème.
Un trajet en TER SNCF Grenoble-Lyon partant à 13h24 arrive à 14h46, soit 1h22 de trajet, pour un individu entre 12 et 25 ans sans carte de réduction coûte 16,50. Combien coûte l’aller-retour pour un week-end ? Quelle est le prix par kilomètre parcouru ? Et question bonus, quelle est la plus belle ville de France ? Indice : http://www.grenoblecmieux.com/ .
   Je vis à Grenoble et j’ai un bon ami Georges vivant à Lyon qui organise l’anniversaire de son calamar. J’aimerais  y aller, mais si j’ajoute le prix de la soirée (Champomy et caviar) plus le cadeau pour Poulpy, je vais m’en tirer avec un week-end à plus de 50€, voire 100 si dans la boîte de night je paie la bouteille d’encre à Poulpy. Je suis étudiant donc fauché, mais cela fait très longtemps que je n’ai pas vu Georges (Georges est doux), alors impossible de manquer la soirée. Et moi j’adore les produits locaux, alors impossible de venir sans apporter ma bouteille de Chartreuse et mes bières Mandrin aux noix ( http://www.aoc-noixdegrenoble.com/terroir/ ). Jusque là, pas de problème, car j’ai prévu 70 de budget pour le week-end, et que je passerai celui d’après tranquille sans dépenser d’argent.
Mais voilà qu’Henry Beyle m’envoie un sms me proposant une grosse session ski à Prapoutel, pleine poudreuse vu les prévisions météo pour le week-end suivant. En tant que bon Grenoblois et amoureux des montagnes, ma religion m’interdit de refuser.
J’ai donc trois choix, et je dois en éliminer un :
– ne pas aller à l’anniv de Georges (Georges est frais), aller au ski et boire ma Charteuse et mes bières dans mon igloo à Grenoble,
– aller à l’anniv et au ski mais ne pas boire. Oui, je sais, sans alcool la fête est plus folle, on me l’a déjà faite celle-là, 
– ou alors ne pas aller au ski. Non pas possible, pas avec une puff comme ça.
Quelle solution s’offre à moi ?
   Si je me pose à Porte-de-France sur l’autoroute en direction de Lyon, avec un bout de carton récupéré dans mon garage et un marqueur volé dans le tiroir du bureau de ma maman, peut-être que je serai pris en 5min maximum jusqu’au péage et de là je trouverai encore quelqu’un en moins de 10min qui m’amènera directement au Centre ville de Lyon gare Part-Dieu ? Ce qui fait un trajet de 1h09+5min +10min = 1h24. Et grâce à celà, à moi la bière, la soirée et le skiiiii.
   Bon certes le stop m´arrangerait. Mais si je suis dans le train, je vais pouvoir dormir pendant que tout le monde autour de moi sera sur son iPad ou en train de jouer à un jeu bizarre où faut appuyer sur des cookies pour gagner encore plus de cookies. A la place, je vais devoir parler à un livreur chez Chronopost qui fait tous les jours de la semaine sauf week-end l’aller-retour entre Paris et Grenoble et qui me donne son numéro « au cas où tu veuilles aller sur Paris gratuit ». Et ensuite je vais devoir discuter chasse, pêche, nature et traditions avec un chasseur d’orage ( http://www.chasseurs-orages.com/ Si si, ça existe). Bon, de toute façon, je suis obligé de faire du stop si je veux faire l’anniv, les bières et le ski…
   Oh et puis finalement le stop ça me fait peur. Et si je me fais pas prendre ? Et je vais avoir l´air stupide sur le bord de la route ? Je vais quand même prendre le train, je la sens pas cette histoire de stop. J´ai juste à vendre mes cartes Pokémon pour me payer le forfait de ski. J’ai un Tortank en brillant d’ailleurs pour les intéressés, je suis ouvert à toutes les offres, envoyez-moi un message.
Malheureusement, la grève hebdomadaire des trains de la SNCF a commencé à midi, et vu que j’ai passé la nuit sur mon minitel à essayer de vendre mes cartes Pokémons, je n’ai pas réussi à me lever avant 12h10, donc trop tard pour le train. En bon étudiant fauché, je n’ai pas passé mon permis de conduire alors je crois qu’il n’y a plus qu’une seule option : le stop.
Cette histoire raconte comment nous sommes tombés dans le stop. Ce petit conte présente aussi les avantages que nous trouvons au stop, et plus largement au fait de se faire héberger chez l’habitant : tout d’abord l’aspect financer, car lorsque l’on voyage les transports et l’hébergement sont les premiers postes de dépenses. Alors ne pas dépenser pour ceux-ci permet de voyager beaucoup plus longtemps avec la même somme d’argent. Une manière classe de justifier qu’on ne veut pas payer.
Ensuite, c’est pour les rencontres humaines que l’on fait : ne pas savoir sur qui on va tomber, ne pas savoir quelles opportunités vont se présenter à nous, pour l’improbabilité des gens que l’on rencontre et la richesse culturelle que cela nous apporte.
Et le dernier aspect qui nous fait préférer le stop au covoiturage, c’est la flexibilité ! On est tout simplement libre de partir quand on veut, pas d’horaires à respecter, on peut rester un jour ou une semaine de plus si on le souhaite.
Pour notre voyage, nous avons donc prevu un budget de 5e par jour, soit 1825e par an et une assurance de 400e par an (alors les matheux, ca fait combien en tout ?).
   NB : nous ne dénigrons absolument pas ni le covoiturage ni le train bien entendu ! Les deux sont des moyens de transports qui sont très adaptés à d’autres situations, et qui conviennent mieux à d’autres fins. Par exemple, tout simplement si l´on doit arriver à l’heure à un rendez-vous.
   Dans ce texte, nous n’avons parlé que des avantages du stop, des avantages qui font que nous avons choisi ce mode de transport pour notre voyage.
Nous pourrions aussi parler des heures et des heures d’attentes, des gens qui vous font des doigts d’honneur en klaxonnant, des gens qui évitent notre regard et notre sourire, des lits-béton plutôt inconfortable des stations essence, mais au final nous en gardons de superbes souvenirs, qui resteront gravés jusqu’à la fin des temps, etc etc. Et nous nous souvenons aussi de ce gars ou de cette fille, qui après des heures d’attente et de galère va faire un grand détour pour nous arranger, nous payer un café, et c’est pour cela que nous sommes devenus des serials stoppeurs.
Sur le site collaboratif d’autostop : Pourquoi je fais du stop ? (en anglais).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *